Le service des Guetteurs à Saint-Omer

 

Le Service des guetteurs contre les incendies à Saint-Omer.

 

Au risque de déplaire à quelques personnes qui trouvent que nous nous occupons trop des guetteurs, nous croyons devoir dire aujourd’hui quelques mots sur la position faite depuis longtemps à des fonctionnaires haut placés, si utiles à tant de titre.

Il a été constaté au budget municipal, que la dépense occasionnée en 1866, pour le traitement des guetteurs de Notre-Dame et de Saint Bertin, a été de 1842,40 Fr. – (le budget leur accorde en tous 2000 Fr.) – on ne dira pas, certes, que la ville de Saint-Omer fait des dépenses folles pour veiller à la sûreté des propriétés et qu’elle fait la position trop belle aux gens qui veillent quand nous dormons.

En effet, les guetteurs au nombre de 8. – 6 titulaires et 2 auxiliaires, – ce sont partagé en 1866 les 1842 Fr. dus à la munificence de la ville, ce qui fait un peu plus de 200 Fr. par an plus… 6 Fr. de charbon pour le chauffage pendant 365 jours. Or, pour ces 200 et quelques francs, sait-on le service de chaque guetteur ?…

Le voici :

le service est de 2 sortes ; – service de jour, service de nuit.

Le service de jour commence à 7 heures du matin en été, et finit à 7 heures du soir. – En hiver, il se termine 2 heures plus tôt, c’est-à-dire 5 heures du soir.

Le service de nuit commence quand se termine celui de jour.

En outre, le service se divise encore en grande et en petite garde.

La grande garde à une durée de 24 heures consécutives, elle commence à midi et finit le lendemain à pareille heure.

Chaque guetteur monte tour à tour le même nombre de petites et de grandes gardes. – Il dort donc chez lui, dans son propre lit, une fois tous les 2 jours, après avoir gagné dans une veille de 24 heures une somme de 1,50 Fr. à peine.

Quand le guetteur monte la grande garde il reste donc 24 heures sur une tour et fait les 2 gardes, la grande et la petite.

Il est forcé de sonner toutes les heures pour prouver qu’il veille, il doit en outre, se montrer à chaque demie aux 4 coins de la tour.

Comme il ne fait pas extraordinairement chaud, la plupart du temps dans son guet de quelques pieds carrés, il faut que le guetteur fasse du feu. – Il a pour cela… 6 Fr. de charbon par année.

Bref, il touche par mois 21 ou 22 Fr., lorsque, par bonheur encore, on ne l’accuse pas de négligence, ce qui alors diminue son traitement, soumis aux retenues.

 

Voilà, extraite du budget, extraite de l’arrêté municipal du 4 novembre 1865, la position exacte des guetteurs.

Et on marchande des subsides lorsqu’il s’agit d’en augmenter le nombre… Au fond, on a peut-être raison, un pareil traitement n’en est pas un… Il y a des gazons qui coûtent plus cher à entretenir sur les promenades publiques.

On dit : mais les guetteurs travaillent de leur état, ils sont presque tous ouvriers, tailleurs au cordonniers et peuvent gagner en veillant ce qu’ils gagneraient en travaillant chez eux. Nous répondrons à cela qu’un ouvrier, forcé de sortir toutes les demi-heures, de perdre chaque fois environ 10 minutes ou un quart d’heure pour sonner, écouter l’heure qui sonne à l’hôtel de ville, pour la sonner à son tour et pour s’assurer si tout est tranquille, ne peut pas être très assidu au travail et gagner beaucoup d’argent.

Que résulte-t-il de tout cela ? que le service est mal établi, mal payé, et qu’il y avait 2 bonnes choses à faire à la séance municipale du 4 novembre :

Nommer 2 nouveaux guetteurs à Saint-Sépulcre et en même temps augmenter le traitement de tous les veilleurs employés par la ville.

Si les guetteurs étaient mieux payés, on pourrait exiger d’eux une plus grandes surveillance, car si on peut se montrer sévère avec des gens payés convenablement pour les services qu’ils sont appelés à rendre et leur imposer des retenues lorsqu’ils contreviennent aux règlements, il y a inhumanité à le faire avec des gens à qui l’on donne à peine de quoi acheter du pain.

Nous en concluons que le service du guet, à Saint-Omer, a besoin d’être réorganisé. – La question du guet de Saint-Sépulcre est venue à point pour que l’on s’en occupe.